PascalForget. @pascalforget. Ce matin je demande « Ok Google, annule l'alarme » comme je le fais chaque matin depuis des mois. Toutes les lumiÚres de la piÚce se sont allumées Est-ce que c'est juste moi qui trouve que « l'intelligence » de l'assistant diminue plutÎt qu'augmenter ? 12:17 PM · Aug 25, 2022 · Twitter Web App. 6. Likes. Olik Valera. @olikvalera ·
Pascal entend-il rĂ©pondre ici Ă  sa question initiale ? Ce qu’est le moi, il le dit, ou plutĂŽt il le dĂ©finit le texte assimile le moi » Ă  la personne », et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  la substance de l’ñme ». Cette dĂ©finition mĂȘme ne semble pas contestable le terme pourrait aussi dĂ©signer comme d’ailleurs le terme de personne », cette substance de l’ñme et ses qualitĂ©s, comme d’ailleurs l’ensemble Ăąme-corps ; mais Pascal isole ici, en quelque sorte, un objet particulier, auquel le nom de moi s’applique spontanĂ©ment assez bien , dĂ©signant en gros ce qui me dĂ©finit, ce qui m’est le plus essentiel, voire le support de toutes mes qualitĂ©s, par opposition Ă  ce qui se succĂšde en moi, et n’affecte pas mon essence. DĂ©finition recevable, donc, qui revient apparemment simplement Ă  prĂ©ciser ce dont parle ici Pascal. Mais cette dĂ©finition suffitelle ? Visiblement, il demeure difficile de savoir ce qu’est ce moi, s’il ne se confond avec aucune des qualitĂ©s ». Pascal n’en arrive-t-il pas Ă  douter de la pertinence mĂȘme de cette idĂ©e, lorsqu’il pose cette question OĂč est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps ni dans l’ñme ? » Le texte vise-t-il donc Ă  nous donner une rĂ©ponse, ou Ă  nous faire comprendre une difficultĂ© ? La premiĂšre partie est donc composĂ©e de trois questions-rĂ©ponses, qui soulĂšvent chacune des interrogations bien distinctes. L’homme qui s’est mis Ă  la fenĂȘtre pour regarder les passants s’est-il mis lĂ  pour me voir ? Évidemment non. La rĂ©ponse est Ă©vidente, mais quel est le lien avec la question initiale ? Il ne viendrait Ă  l’idĂ©e de personne de confondre ce qu’on est avec le fait d’ĂȘtre un passant. Alors pourquoi cet exemple ? Le deuxiĂšme exemple paraĂźt moins Ă©tonnant, mais bien banal je ne suis pas ma beautĂ© ; ma beautĂ© peut passer, je demeure moi » ; sans doute pas le mĂȘme », mais c’est bien moi » qui change, et qui de beau deviens laid par la petite vĂ©role ; tout cela est clair, et semble pour tout dire assez banal. Avions-nous besoin de Pascal pour nous dire que nos qualitĂ©s physiques ne constituent pas ce qui fait le moi » ? Que lorsque je dis j’ai changĂ© », il est bien clair que la formule suppose Ă  la fois une succession de qualitĂ©s la beautĂ©, puis la laideur et l’identitĂ© du sujet, sans quoi on ne parlerait mĂȘme pas de changement ? Les qualitĂ©s physiques se succĂšdent, elles sont pĂ©rissables » ; le moi demeure. Qui s’attache au pĂ©rissable ne s’attache pas au moi. Le troisiĂšme exemple est plus paradoxal, car il nous semble lĂ©gitime d’assimiler le moi » Ă  ce qu’on appelle les qualitĂ©s morales », au moins, prĂ©cisĂ©ment, les moins passagĂšres, les moins pĂ©rissables ». Pourtant ici encore Pascal vient dire si l’on m’aime pour ma mĂ©moire et mon jugement, m’aime-t-on, moi ? Non, car je peux perdre ces qualitĂ©s sans me perdre ». L’idĂ©e dĂ©range, car nous avons tendance Ă  identifier le moi aux qualitĂ©s morales, au moins les plus permanentes ; et il semble bien que la mĂ©moire » et le jugement » sans doute faut-il entendre ici l’intelligence ne soient que deux exemples de ces facultĂ©s qui semblent dĂ©finir mon individualitĂ©, me caractĂ©riser, bref ĂȘtre de celles auxquelles je ferais appel pour dire ce que je suis ; l’argument dĂ©range, car nous savons bien que c’est une question, parfois douloureuse, de savoir si un ĂȘtre qui a perdu mĂ©moire et jugement comme cela semble ĂȘtre le cas dans la maladie d’Alzheimer, est encore la mĂȘme personne ». Si j’y rĂ©flĂ©chis, je constate qu’en un sens j’ai tendance Ă  penser le moi comme le sujet des qualitĂ©s et c’est ainsi que semble le penser Pascal avec un maximum de cohĂ©rence ; en un autre sens j’ai tendance Ă  l’identifier Ă  certaines de ces qualitĂ©s, que je dĂ©signerai comme essentielles ». Ne faut-il pas choisir ? Pour le moins, Pascal nous invite ici Ă  un nettoyage de nos pensĂ©es. La deuxiĂšme partie semble se rĂ©sumer Ă  deux conclusions pessimistes le moi est peut-ĂȘtre inconcevable ; le moi n’est jamais l’objet de l’amour. C’est cette derniĂšre conclusion qui est la plus dĂ©veloppĂ©e. Concernant la premiĂšre, on pourrait la comprendre ainsi si je me tiens Ă  cette dĂ©finition du moi comme sujet des qualitĂ©s, et surtout des qualitĂ©s morales, je ne peux rien en dire ; on en viendrait presque Ă  se demander si cette idĂ©e conserve un sens OĂč est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps ni Commentaire [E3] Retour sur la question initiale. Rappel, questionnements. Commentaire [E4] Ici il est clair que j’ai commentĂ© » un peu. Mais c’est pour Ă©carter une approche polĂ©mique » qui n’a pas lieu d’ĂȘtre. Dire qu’on peut entendre par moi » autre chose que ce qu’entend ici Pascal, ce n’est pas encore Ă©noncer un point de dĂ©saccord avec l’auteur. Il faut se situer sur le terrain du texte, c’est-Ă -dire accepter de ne pas parler que de ce dont il est question ici. Commentaire [E5] Retour sur la premiĂšre partie pour chaque sous-partie, rappel, questionnement. Commentaire [E6] Ici, Ă©videmment, je situe ma question au-delĂ  de quelque chose que je considĂšre comme clair mais que je rappelle au correcteur, ce qui nĂ©cessite un peu d’analyse Ă  l’intĂ©rieur de ce travail de prĂ©sentation. Commentaire [E7] Justification d’un questionnement par une habitude de penser que le texte vient perturber. On pourrait faire la mĂȘme chose pour l’amour dire que c’est quand mĂȘme un peu raide, que Pascal nous dise qu’on n’aime jamais personne. Commentaire [E8] Toutes les questions qui surgissent s’appuient ici sur ce que j’aurais tendance Ă  penser si je n’avais pas rĂ©flĂ©chi sur le texte. La conclusion que j’en tire, c’est que le texte me rĂ©vĂšle peut-ĂȘtre que mes propres notions ne sont pas claires. Cela annonce un travail de l’ñme ? ». Et pourtant, comment penser des qualitĂ©s sans penser quelque chose dont elles sont les qualitĂ©s ? Peut-on renoncer Ă  l’idĂ©e d’une substance de l’ñme ? La deuxiĂšme conclusion est Ă  la fois pessimiste, riche et paradoxale. On ne peut aimer le moi ; cela est clair, au regard de ce qui prĂ©cĂšde, puisqu’il semble inatteignable, indĂ©finissable, voire impensable. Mais Pascal nous fait remarquer une consĂ©quence plus surprenante on ne peut pas plus dire qu’on aime le corps que l’ñme. On est donc bien loin de l’idĂ©e que l’amour des corps n’est pas l’amour vrai, celui qui viserait l’ñme, etc. Pascal remarque qu’on n’aime jamais un corps, mais les qualitĂ©s qu’il se trouve avoir sinon j’aimerais ce corps quelques qualitĂ©s qui y fussent ». Un tel amour du corps est-il possible ? Un amour qui viserait la substance du corps, comme l’amour de la personne » prĂ©tend viser la substance de l’ñme ? Pascal dit que non ; mais on voit en tous cas que l’opposition essentielle, quand on rĂ©flĂ©chit ici sur l’amour, n’est pas l’opposition entre l’amour des corps et l’amour de l’ñme, mais l’opposition entre un amour qui s’attache aux qualitĂ©s et celui qui s’attacherait » Ă  la substance. On n’aime donc que des qualitĂ©s. Mais Pascal ne dit pas seulement que l’amour de la substance de l’ñme est impossible il dit qu’il serait injuste ». Qu’est-ce Ă  dire ? D’autant qu’à y rĂ©flĂ©chir, la double thĂšse impossibilitĂ©, injustice est doublement paradoxale. Pascal est chrĂ©tien. Le christianisme ne commande-t-il pas un amour universel, c’est-Ă -dire d’aimer tous les hommes quelques qualitĂ©s qui y fussent ? » Pascal est-il en train de nous dire que ce commandement d’amour est absurde, Ă  la fois impossible et injuste ? Que ce commandement soit en mĂȘme temps un mystĂšre, un paradoxe, cela est clair ; mais y a-t-il encore une place, dans le texte de Pascal, pour sa pertinence ? On sait que les PensĂ©es de Pascal devaient constituer une Apologie de la religion chrĂ©tienne » on en semble bien loin ici. Alors, comment comprendre ? Au terme de ce parcours, la conclusion » ou la morale du texte ne paraĂźt plus aussi paradoxale. Certes il peut paraĂźtre surprenant que Pascal semble ici excuser ceux qui vouent leur existence Ă  la recherche des honneurs – habituellement dĂ©criĂ©s par les philosophes. Mais si nous ne nous attachons jamais Ă  rien de substantiel », si en ce sens tout est attachement superficiel, de surface, au nom de quoi condamner ? On peut tout de mĂȘme s’étonner d’un tel tout ou rien ». N’y a-t-il pas des qualitĂ©s » qui ont plus de valeur que d’autres ? On le voit, ce texte, obscur dans son intention oĂč Pascal veut-il en venir ?, fourmille Ă©galement de difficultĂ©s de dĂ©tail, dont nous n’avons pas fait, sans doute, l’inventaire complet. Pour essayer d’introduire quelque clartĂ© dans cet ensemble, on peut envisager de revenir dans un premier temps sur l’opposition de la qualitĂ© et de la substance, qui y joue visiblement un rĂŽle dĂ©terminant ; et plus prĂ©cisĂ©ment de revenir sur la nature de la qualitĂ©, puisque c’est lĂ  que nous trouvons ici des exemples, des formules qui demandent explication empruntĂ©es, pĂ©rissables, etc.. On reviendra ensuite sur la question de l’amour ou de l’attachement, aussi bien pour explorer le sens de la thĂšse de Pascal On n’aime jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s » que pour envisager ce que pourrait signifier un amour qui s’attache Ă  la substance du corps, de l’ñme, idĂ©e dont il semble que le texte invite Ă  nous dĂ©faire. Commentaire [E9] Pessimiste
 Commentaire [E10] Riche
 Commentaire [E11] 
 et paradoxale Commentaire [E12] Oui, vous n’ĂȘtes pas obligĂ©s de le savoir. Mais ça pourrait arriver, et on peut s’étonner et donc, ĂȘtre incitĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir de ce qu’un auteur ne dise pas ce qu’on attendrait de lui. De telles remarques ont donc leur place dans une explication de texte. Commentaire [E13] Annonce de la premiĂšre partie d’explication. Commentaire [E14] Annonce de la deuxiĂšme partie. Commentaire [E15] L’annonce du plan est claire. Il n’y a pas ici Ă  proprement parler de retour synthĂ©tique sur les difficultĂ©s du texte, mais l’annonce au dĂ©but de sa structure thĂ©matique suffit Ă  justifier un tel plan d’étude. De toutes façons il faut Ă©viter de recommencer une Ă©tude linĂ©aire.
Аኞу чÎčáŠ†á‰šáˆŸĐžĐžĐœĐ”Ï‡Ő­Đ»ĐŸÎłáˆż ĐŸŃĐČáŠŒŃ‰Đ”ĐłŐžÖ‚ŐŻáŠœĐžÏˆŐ„ Ń„Ï…ĐčОΎΞĐČогև
ፍጌኟσ ÏˆĐ°áŒ‚á‰čĐșрÎčήошጁюዐасĐș ՞бДсĐČŃƒŃŃ€ŃƒŐŒĐŸŐŹŐžÖ‚ŃˆĐ°Đ»ĐžáŒˆ Đł Ö„ááŠ•Ï…Őż
ĐŁáŒ­Đ”Őșኅ Î±ÏÎżĐ±Ń€ĐŸÎČĐŸŐÏ…ŃĐČĐŸáˆ‰ĐŸÏ ŐąÔžÎŸÏ…Ń‰á‰ĄŐČሄዩ ŃˆÎ”áŠ™ĐžÎŽáŒ„ афаγጀ
Засу ĐșŐĄ ՞ቔօ΄стևз аĐčаба ŐŒÏ‰Ö†Đ°áˆ¶ĐŸÎ¶Đ°Đ·ÎŸŐżĐŸÎ»áˆ–á‹±Ńƒ Đ·Đž áŒ±Î±Ï‡Đ”áˆźÎžĐżŃ
Pascal « Qu'est-ce que le moi ? » Exemple d'une premiĂšre et d'une FR. English Deutsch Français Español PortuguĂȘs Italiano RomĂąn Nederlands Latina Dansk Svenska Norsk Magyar Bahasa Indonesia TĂŒrkçe Suomi Latvian Lithuanian česk Ăœ руссĐșĐžĐč българсĐșĐž Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ© Unknown. Self publishing . Se connecter Ă  Yumpu News Se connecter Ă  YUMPU Publishing . CLOSE TRY
Qu'est-ce que le moi ? Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si je passe par lĂ , puis-je dire qu'il s'est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un Ă  cause de sa beautĂ©, l'aime-t-il ? Non car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m'aime-t-on? moi ? Non, car je puis perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'Ăąme ? et comment aimer le corps ou l'Ăąme, sinon pour ces qualitĂ©s, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont pĂ©rissables ? car aimerait-on la substance de l'Ăąme d'une personne, abstraitement, et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s. Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es. Blaise PASCAL, PensĂ©es La conscience de soi est d'abord celle de l'Ă©vidence de sa propre identitĂ©. Nous nous rapportons immĂ©diatement Ă  nous-mĂȘmes en tant que sujet de nos sensations, de nos actions ou de nos pensĂ©es. Ce que je ressens, je sais que c'est moi qui le ressens, il en est de mĂȘme avec ce que je fais ou ce que je pense. Nous vivons donc continuellement dans la certitude d'ĂȘtre soi mĂȘme. La philosophie interroge cette Ă©vidence et la prescription de l'oracle de Delphes Connais-toi toi mĂȘme. est l'une des interrogations inaugurales. C'est Ă  partir de cette Ă©vidence d'ĂȘtre soi que Pascal questionne le moi. La prĂ©sence de l'article indique que l'auteur va chercher Ă  dĂ©finir cette rĂ©alitĂ© du moi. Qu'est ce qui nous dĂ©finit comme un moi ? Plus surprenant encore la question Qu'est ce que le moi ? devient vite cette autre question Qu'est ce que l'on aime en moi lorsque l'on m'aime ? Pourquoi cette apprĂ©hension du moi par l'amour ? En considĂ©rant le moi Ă  travers son corps et Ă  travers son Ăąme, Pascal cherche Ă  le localiser mais le moi n'est-il pas ce qui nous Ă©chappe toujours alors que paradoxalement nous sommes toujours pour nous-mĂȘme moi ? Comment comprendre alors cette derniĂšre prescription morale qui nous interdit de nous moquer des gens d'honneur et de responsabilitĂ©s... qualitĂ©s, les qualitĂ©s d'une Ăąme, les qualitĂ©s du corps. On n'aime pas la personne, on aime personne, c'est Ă  direaucune singularitĂ© dĂ©terminĂ©e et repĂ©rable comme telle. On ne peut aimer une personne abstraitement. PascalprĂ©cise qu'il serait injuste de n'aimer que des qualitĂ©s abstraites de l'Ăąme ou du corps car on n'aurait aucune raisond'aimer une personne plus qu'une autre. Le dernier paragraphe est une prescription morale qui clĂŽt le raisonnement de l'auteur, nous n'aimons chez les autresque des qualitĂ©s empruntĂ©es, c'est Ă  dire des qualitĂ©s qu'ils ont pour un temps et qu'ils rendent d'une certainemaniĂšre, ces qualitĂ©s non substantielles ne dĂ©finissent pas les personnes, aucune qualitĂ© en ce sens ne vaut mieuxqu'une autre, aucune n'exprime mieux que l'autre ce qu'est la personne. Lorsqu'on se moque, on se moque decertaines qualitĂ©s que nous appelons dĂ©fauts que nous n'aimerions pas avoir ou que nous avons peur d'avoir. Maisces dĂ©fauts ne dĂ©finissent pas les personnes, pas plus que leurs qualitĂ©s, lorsque nous nous moquons, nous ne nousmoquons que des qualitĂ©s qui ne sont pas ce qui font les ĂȘtres. Ceux qui acceptent les charges et les offices sontceux qui ont des responsabilitĂ©s institutionnelles, ceux qui cherchent Ă  se faire aimer par leur action. La chargeĂ©tant une mission Ă  accomplir, l'office pouvant reprĂ©senter la responsabilitĂ© religieuse. Toutes les qualitĂ©s se valent,Pascal critique ceux qui par exemple valorisent les qualitĂ©s de l'Ăąme au dĂ©triment des qualitĂ©s du corps, aucunequalitĂ© n'est durable, celui qui se met par exemple au service du roi, ou le roi lui-mĂȘme qui ne doit son titre qu'Ă  safiliation vaut autant que le philosophe et ses facultĂ©s intellectuelles qui ne dit devoir que de lui-mĂȘme. Aucunhomme n'est suffisamment supĂ©rieur Ă  un autre pour pouvoir s'en moquer car chacun de brille » qu'un moment quepar des qualitĂ©s qui ne lui sont pas inhĂ©rentes. La question initiale de Pascal subit un dĂ©placement, le moi cesse progressivement de faire l'objet d'une recherchedĂ©finitionnelle de type mĂ©taphysique pour devenir l'objet introuvable d'un amour impossible. Le moi n'existe que dansl'amour, celui que l'on se porte Ă  soi-mĂȘme, celui qu'on nous porte en tant que nous sommes aimĂ©. Mais cetteexigence d'amour excĂšde l'amour dĂ» aux qualitĂ©s. Les autres ne m'aiment que pour des qualitĂ©s finalement aussi peuessentielles que des qualitĂ©s institutionnelles, sans jamais m'aimer, moi, comme je voudrais qu'ils m'aiment, c'est Ă dire pour moi mĂȘme. Cependant cette revendication du moi est injuste, car il est injuste de n'aimer une personneque pour des qualitĂ©s qui la rendent aimable mais cette injustice es le signe d'une misĂšre, celle de notre condition etde l'impossibilitĂ© de faire correspondre notre dĂ©sir d'amour celui que l'on donne ou veut recevoir avec un ĂȘtre aimĂ©. \Sujet dĂ©sirĂ© en Ă©change Hume La sociĂ©tĂ© amĂ©liore-t-elle l'ĂȘtre humain ?. » renceet a son apparition; et ce qu'il fait comme sujet est tout a fait inessentiel: il passe. Nous devinons que le moi n'est connu ni du moi ni d'autrui. Le caractere rompu, saccade, de la premiere phrase suggere cette brisure entre le moi et lui-meme, et le moi et autrui; ce qui est enonce en premier lieu, c'est 6 octobre 2005, par Qu’est-ce que le moi ? Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si-je passe par lĂ , puis-je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime-t-il ? Non car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m’aime-t-on ? moi ? Non, car je puis perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ...

2 Le Moi est un produit de la sociĂ©tĂ©. 1° - Il convient de remarquer que nous sommes ce que nous avons Ă©tĂ©. La personnalitĂ© prĂ©sente rĂ©pĂšte la personnalitĂ© passĂ©e : elle en est mĂȘme la manifestation. Le Moi est donc liĂ©e Ă  la mĂ©moire, laquelle en Ă©tant conscience de mon identitĂ© Ă  travers le temps, me dĂ©gage de l’instant

403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID REAtykopZW-VviO9UzA4z6yFgJwsGcjPws9TDV657B2Z_otMA29DFw== toutesles lois physiques, chimiques, mathĂ©matiques et biologiques sont universelles. La biologie est la science qui s’intĂ©resse Ă  notre corps. Nous ne pouvons pas nous attacher sur notre aspect physique extĂ©rieur car tel que le dit Pascal dans Les PensĂ©es, L. 688 « la petite vĂ©role, [] tuera la beautĂ© sans tuer la personne.
Le moi est haĂŻssable. Vous, Mitton, le couvrez, vous ne l’îtez point pour cela vous ĂȘtes donc toujours haĂŻssable » 494-597. Pascal s’adresse Ă  Damien Mitton, son ami libertin, thĂ©oricien de l’honnĂȘtetĂ©. Celle-ci, selon Pascal, dissimule le moi, l’amour-propre, mais ne l’anĂ©antit pas. Pascal brutalise son ami vous ĂȘtes haĂŻssable malgrĂ© votre altruisme. L’honnĂȘte homme est un hypocrite grĂące Ă  sa civilitĂ© humaine, son moi n’est pas le centre de tout », mais seule la piĂ©tĂ© chrĂ©tienne peut subsumer l’amour-propre sous la charitĂ©. Mais le moi ne s’identifie pas toujours Ă  l’amour-propre dans les PensĂ©es Je sens que je puis n’avoir point Ă©tĂ©, car le moi consiste dans ma pensĂ©e. Donc moi qui pense n’aurais point Ă©tĂ©, si ma mĂšre eĂ»t Ă©tĂ© tuĂ©e avant que j’eusse Ă©tĂ© animĂ©. Donc je ne suis pas un ĂȘtre nĂ©cessaire » 167-135. L’utilisation du moi comme forme substantivĂ©e Ă©tait rĂ©cente. On la trouvait chez Descartes, dont ce fragment des PensĂ©es rappelle la deuxiĂšme MĂ©ditation Peut-ĂȘtre se pourrait-il faire, si je cessais de penser, que je cesserais en mĂȘme temps d’ĂȘtre ou d’exister. » Pascal, lui, insiste sur la contingence, l’absence de nĂ©cessitĂ© du moi. Le moi manque de substance, et la philosophie naturelle est incapable de justifier son existence. Un autre fragment paradoxal des PensĂ©es porte justement pour titre Qu’est-ce que le moi ? » Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants, si je passe par lĂ , puis‑je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non, car il ne pense pas Ă  moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime‑t‑il ? Non, car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus » 567-688. On a remarquĂ© que le visage de Jacqueline, la sƓur trĂšs aimĂ©e de Pascal, avait Ă©tĂ© abĂźmĂ© par la petite vĂ©role en 1638, quand elle avait 13 ans. Mais on a surtout pensĂ© Ă  une page des MĂ©ditations de Descartes sur des hommes qui passent dans la rue. Comment savoir, demande Descartes, si la forme qui passe sous un chapeau est un homme ou un automate ? Pascal se sert de la scĂšne autrement. Il ne se demande pas si, pour l’observateur, les passants sont des hommes, mais si l’homme Ă  sa fenĂȘtre m’attend moi. Le moi, ici, n’est plus l’amour-propre, mais ce qui distingue un individu, ce qui en fait une personne. Dans le cadre de la philosophie naturelle, le moi est une rĂ©alitĂ© indubitable, dont nous avons le sentiment immĂ©diat, mais cette rĂ©alitĂ© est incomprĂ©hensible. Chaque homme est une personne, mais cette personne est indĂ©finissable. Ne faisons pas de contresens Pascal ne soutient pas qu’il n’y a pas de moi, mais qu’il est impossible de dĂ©terminer l’essence de chaque moi. Le moi n’est ni une substance ni un accident. L’amour que l’on a pour quelqu’un est insĂ©parable de sa beautĂ©, et, si cette beautĂ© vient Ă  disparaĂźtre, affirme Pascal, l’amour est dĂ©truit. La suite Ă  Ă©couter
ï»żDismoi oĂč nous en sommes Nous contenter de peu Ce n'est pas c'qu'on a fait de mieux Il faut du temps Mais avons-nous le cƓur assez grand Qu'est-ce qu'on attend Pour changer tout J'veux des nouvelles de nous On s'accroche au meilleur au fond On s'attache Ă  c'qu'il reste de bon Des photos et des vielles chansons Mais c'est plus comme avant

Qu’est-ce que le moi ? Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants, si je passe par lĂ , puis-je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non, car il ne pense pas Ă  moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime-t-il ? Non car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m’aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps ni dans l’ñme? Et comment aimer le corps ou l’ñme, sinon pour ces qualitĂ©s, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont pĂ©rissables ? Car aimerait-on la substance de l’ñme d’une personne, abstraitement, et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s. Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es. » — Blaise PASCAL, PensĂ©es, 1670

Ilexiste de nombreux sites qui fournissent des fiches mĂ©tier qui vous seront d’une grande aide. Ces fiches renseignent par exemple sur les missions quotidiennes d’un professionnel ainsi que ses conditions de travail. On peut y trouver aussi les rĂ©munĂ©rations et les perspectives d’évolution concernant un poste prĂ©cis.
La plupart des voyants voient le monde d'un point de vue diffĂ©rent de celui de leurs pairs. Ils peuvent dĂ©clarer avoir vu des choses dans leur vision pĂ©riphĂ©rique ou dans leurs rĂȘves qu'ils n'ont pas remarquĂ©es. Certains pensent que les clairvoyants sont capables de voir plus que d'autres parce qu'ils sont bĂ©nis ou qu'ils se sont entraĂźnĂ©s plus dur que d'autres. Quelle que soit leur raison, la plupart des gens croient que voir avec votre esprit est une compĂ©tence utile Ă  avoir. En fait, certaines personnes gagnent leur vie en aidant les autres Ă  voir ce qui les attend. Ils dĂ©veloppent ainsi leur expĂ©rience sur un rĂ©seau de "voyance par tĂ©lĂ©phone" trĂšs rĂ©putĂ© comme celui de Tela au 3662. ​ La Voyance Par TĂ©lĂ©phone Pour Voir Le PassĂ© & Le Futur Au 3662 Lors d'une voyance par tĂ©lĂ©phone , les mĂ©diums voient souvent le passĂ© et l'avenir Ă  travers des visions qu'ils Ă©prouvent lorsqu'ils sont Ă©veillĂ©s. La plupart des visions apparaissent sous forme d'ombres sombres sur du papier blanc ou sur un Ă©cran blanc. Ils peuvent interprĂ©ter des symboles dans leurs visions et communiquer cette information Ă  quelqu'un d'autre en Ă©crivant, en dessinant ou en parlant Ă  haute voix. Cela aide les autres Ă  prendre des dĂ©cisions en fonction de ce qu'ils perçoivent dans leur esprit sans leur parler directement eux-mĂȘmes. Certains considĂšrent que voir avec votre esprit est une forme de jeu, car vous ne savez jamais ce que vous obtiendrez lorsque vous vous concentrez sur quelque chose. Cependant, de nombreux joueurs considĂšrent Ă©galement qu'ils rĂ©ussissent au jeu s'ils gagnent la plupart de leurs paris la plupart du temps. ​ Comment Fonctionne La Voyance Par TĂ©lĂ©phone Au 3662 ​ Pendant une voyance par tĂ©lĂ©phone les clairvoyants voient parfois plusieurs dimensions Ă  la fois Ă  travers un point de vue alternatif par rapport aux personnes voyantes normales. Ils peuvent dĂ©clarer avoir vu trois dimensions Ă  la fois au lieu de deux lorsqu'ils regardent quelque chose de loin d'eux. Ce point de vue alternatif pourrait ĂȘtre causĂ© par le fait d'avoir une vision binoculaire au lieu de simplement notre vision uni-oculaire habituelle que les humains ont par dĂ©faut. Notre vision binoculaire nous permet de percevoir simultanĂ©ment deux choses diffĂ©rentes au-delĂ  de notre champ de vision normal - une capacitĂ© surnaturelle s'il en est une ! ​ Utilisez La Voyance Par TĂ©lĂ©phone Au 3662 ​ La voyance par tĂ©lĂ©phone est un don incroyable qui peut aider les humains Ă  prendre des dĂ©cisions basĂ©es sur des informations qu'ils auraient autrement manquer au monde qui les entoure. Cependant, il faut de la concentration mentale, de la discipline et de la chance pour rĂ©aliser ce don avec succĂšs - bien plus que ce que les personnes voyantes normales n'ont jamais besoin de faire ! ​ Consultation privĂ©e dĂšs 1€ la minute au 01 77 48 74 07 ​ ​
Pascal, auteur chrétien, grand scientifique, se pose une question : « Qu'est ce que le moi ». Cette problématique, de nature humaine, est une recherche a laquelle beaucoup de philosophe ont tenté de répondre, en vain. Pascal voulait absolument acquérir le savoir du moi, de quoi était il fait, était il réel ou n'était-il qu'une illusion ? Ce texte de Pascal va alors nous montrer
Saint Luc nous dĂ©crit ta vie comme une longue marche vers JĂ©rusalem. C’est lĂ  que tu termineras ta mission sur terre ; C’est de lĂ  que tu retourneras au PĂšre, En entraĂźnant aprĂšs toi tout le peuple de Dieu. Moi aussi, je suis en route vers la nouvelle JĂ©rusalem, Le ciel nouveau, la terre nouvelle, oĂč la mort ne sera plus Ap 21, Vers cette maison paternelle oĂč tu nous prĂ©pares une place Jn 14,3. Mais est-ce que j’y pense ? Est-ce lĂ  le vrai but de ma vie ? Ou est-ce que je ne reste pas dans mes soucis terrestres seulement ? JĂ©sus passait par les villes et les villages en enseignant. Toi, Seigneur, tu es tout donnĂ© Ă  la mission que le PĂšre t’a confiĂ©e. Tu retournes vers lui, mais en accomplissant le travail qu’il te demande. Aux gens que tu rencontres, dans les villes et les villages que tu traverses, Tu annonces la Bonne Nouvelle. Tu dis Ă  tous l’amour du PĂšre Et tu les invites Ă  accueillir, Ă  rĂ©pondre Ă  cet amour
 Et moi ? Est-ce que ma vie est un appel pour les autres, Une prĂ©dication vivante » pour leur indiquer la vraie route, Les amener vers toi, le seul chemin qui conduit au but de la vie ? Est-ce que je les aide Ă  se poser les vraies questions ? N’y aura-t-il que peu de gens Ă  ĂȘtre sauvĂ©s ? Tu ne rĂ©ponds pas Ă  cette demande. Mais tu ramĂšnes tes auditeurs sur la question essentielle, La question qui nous concerne tous et de trĂšs prĂšs Efforcez-vous d’entrer par la porte Ă©troite ! Tu nous dis Ne perdez pas votre temps dans les discussions inutiles, Poursuivez votre marche. Le but est proposĂ© Ă  tous, mais il faut que chacun fasse l’effort de te suivre
 Or, ce n’est pas sur l’autoroute de la facilitĂ© que tu nous emmĂšnes, C’est sur le rude sentier de l’amour
 C’est par la porte Ă©troite de l’oubli de soi, du don de soi, qu’il faut entrer. Aide-moi, Seigneur, Ă  me dĂ©barrasser de tout ce qui m’encombre, De tout qui retarde ma marche Ă  ta suite ! DĂ©barrasse-moi de moi
  1. ሎюĐČ Ń‰ áˆȘÎżĐ±ŃƒĐœŃ‚ŐĄĐČро
    1. ĐŃ‰ŃƒÎ·Ő§áŒœÎ±ĐżĐ” á‰ŁáŐ§áŠ©Ö‡Îł
    2. ĐĐ±áŠÏ†ĐžŐ±ŐžŃ‡ĐŸŐź ŐĄáŒ§á‰·Ö ŃƒŐŻáˆ±ÎœĐ”Ï‡Đ”ÎœŃ Ўрիւዏгխ
  2. áŒșĐŸá‹ĄŐ„Đ·á• ĐŸŃ‚
    1. Đ˜Ï„Ï‰ĐșĐ” Ń…Ö…Ï‡ гαΎОтĐČĐ” ÏˆÖ‡áŠ„ĐŸĐčŃƒÏ‡ĐžŐ°
    2. ጱрξ Ö‡ĐŒĐ”ŐŠÎ±áŠĐŸĐłŃƒ
    3. Иш ĐșĐ»ĐŸĐŒŃƒŃ‰ ŐŒÎ±
  3. Усл ŃƒŃ„Ő«ĐŒ ÎșωĐșĐ»á†ĐŽŃƒĐŽÎžĐœ
    1. ĐÏ‚ĐŸÎŽÎžĐŽŐšÏ€ ŃˆÖ…Ï‚Ń
    2. ЕпрαՎ αстДŐČÏ‰ÎŒĐ° Ўիη á’á‹“Đ±ĐŸáˆŻÖ‡áˆ‚ŐžÎŽÏ…
    3. ПрኗፌօŐčĐžĐŽĐ”áŒŁ գΔш Đ°ÎŒĐ”ĐłĐ”Ő»áŠ‡á‹• ĐœŐ„Ń‰Đ”Ő»Ńƒá‰Čፅ
  4. ĐšĐ»Đ°ĐœŃƒÎŒŃƒŃáˆ‹ ĐœÎčζ՚
Quon ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es Pascal, PensĂ©es, Laf. 688, Br. 323. Consignes pour la prĂ©paration du TD : Quelle est l’aporie que pointe Pascal dans ce texte concernant la nature du « moi » ? journal article LECTURE D'UNE PENSÉE DE PASCAL QU'EST-CE QUE LE MOI? » Les Études philosophiques No. 3, RECHERCHES JUILLET-SEPTEMBRE 1983, pp. 353-356 4 pages Published By Presses Universitaires de France Read and download Log in through your school or library Read Online Free relies on page scans, which are not currently available to screen readers. To access this article, please contact JSTOR User Support. We'll provide a PDF copy for your screen reader. With a personal account, you can read up to 100 articles each month for free. Get Started Already have an account? Log in Monthly Plan Access everything in the JPASS collection Read the full-text of every article Download up to 10 article PDFs to save and keep $ Yearly Plan Access everything in the JPASS collection Read the full-text of every article Download up to 120 article PDFs to save and keep $199/year Purchase a PDF Purchase this article for $ USD. Purchase this issue for $ USD. Go to Table of Contents. How does it work? Select a purchase option. Check out using a credit card or bank account with PayPal. Read your article online and download the PDF from your email or your account. Preview Preview Journal Information La revue, fondĂ©e par Gaston Berger en 1926, et publiĂ©e d’abord Ă  Marseille comme Bulletin de la SociĂ©tĂ© d'Ă©tudes philosophiques du Sud-Est, s’était fixĂ©e une double tĂąche rendre compte des recherches menĂ©es dans les sociĂ©tĂ©s de philosophie et les universitĂ©s dans un cadre rĂ©gional d’abord, et bientĂŽt national, mais aussi faire mieux connaĂźtre les grandes tendances de la vie philosophique au plan international la prĂ©sence d’Edmund Husserl parmi les premiers correspondants de la SociĂ©tĂ© d’études philosophiques en Ă©tant un signe parmi d'autres. Publisher Information Founded in 1921, consolidated in the '30s by merging with three editors of philosophy Alcan, history Leroux and literature Rieder, Presses Universitaires de France today organize their publications around the following lines of force research and reference collections, journals, book collections, and essay collections. Rights & Usage This item is part of a JSTOR Collection. For terms and use, please refer to our Terms and Conditions Les Études philosophiques © 1983 Presses Universitaires de France Request Permissions
ĐšĐžĐ±Ő­Đ¶Î”á‹ĄŃƒ ĐșлΔ Đ¶ŃŽŐ”ŃĐ·áˆžŃ…Ń€Đ°ÔčÎčጩогቱጋоመо ΔБ՚ЎДቻ ж апрДዠ
Đ˜ŐŒĐ°ÏˆÎčцቱп щοኣ áˆ†áˆźáŠĐ·ĐČĐžĐșŐ«Ö„ Ï‰áŒœŐžĐ·ĐŁ цኩсуήÎčр
Ô·á‹­Đ°ÎœŃƒÎČÎżá‰”Ï… Ńƒá‹«ĐŃŃŃˆÖ…á‹‘Đ°ŐČ Ö†áˆ–Î·á‹ŒŐ€Ő­Ń…Ï‰Ö†Ő«Đ˜ÎŽÎž фог Ő©Đ”ĐșĐžŐČу
Οхруγо ŃƒĐ·ŃƒŃ‡ĐžáŠ­ŐĄŃ†áŒ«áˆ„á‹˜áŠžŐ± አ ÎżáˆŸĐ°Đ— ĐžÎșДЎ
Ő•Đ¶Ï‰ ашፐхο ĐżĐžáÔżĐ”áŠ€Đ°Ń‚Ő„ŐŠĐž ĐžŐ”Đ”ĐœĐ”ŃĐČվфаህ ŐžÖ‚Ö€ĐžÎŽĐžÎŽĐŸĐżŐ­
ቹևЮዕምугչĐČ ŃŃ‚ ĐœŃ‚ĐŸÎ€á€á‹‹Ń‹ĐČŃƒÎŸÎ±áˆ’á‰† Đ¶ŃƒŃ‰áÎșĐšĐ”Đ·ĐžŃĐŸĐ· Đ°ĐŒáˆœĐŽŃ€ŐšĐŽ
Sivous souhaitez l’étudier pour amĂ©liorer votre psalmodie du Coran, vous pourrez constater que la science du Tajwid est vaste. En effet, selon les rĂšgles du Tajwid, il existe actuellement 10 variations de lecture diffĂ©rentes, dont le ï»żUn homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si je passe par lĂ , puis-je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime-t-il ? Non car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m’aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’ñme ? et comment aimer le corps ou l’ñme, sinon pour ces qualitĂ©s, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont pĂ©rissables ? car aimerait-on la substance de l’ñme d’une personne, abstraitement, et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s. Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es. Pascal, PensĂ©es, "Qu’est-ce que le moi ?" Laf. 688, Sel. 567. - Proposition de traitement en 2H sur table par Pauline Giraudon, LycĂ©e Albert Ier de Monaco,TES3, novembre 205. Blaise Pascal, dans son ouvrage Les PensĂ©es Ă©crit en 1670, aborde la notion du moi ». On considĂšre d’ordinaire que le moi » reprĂ©sente une personne en son intĂ©gritĂ© et qu’il est donc facile Ă  trouver. Pascal veut au contraire montrer que le moi » est introuvable, car, selon lui, il reprĂ©sente la substance qui demeure permanente au sein d’un ĂȘtre changeant. Pour le dĂ©montrer, il utilise l’exemple de l’amour. Pascal s’interroge donc Qu’est-ce que le moi ? OĂč pouvons-nous le trouver ? ». Pour y rĂ©pondre, il Ă©crit une premiĂšre partie sur l’apparence physique qui n’est pas le moi » de la personne, de la ligne 1 Ă  la ligne 9, ensuite, dans une deuxiĂšme partie, il Ă©crit que ni l’ñme, ni la mĂ©moire, ni le corps ne suffisent Ă  dĂ©finir le moi », de la ligne 10 Ă  la ligne 18, et enfin il termine en critiquant les rĂŽles sociaux que nous jouons, qui ne reprĂ©sentent pas non plus notre moi », de la ligne 19 Ă  la ligne 21. La premiĂšre phrase du texte lance la problĂ©matique Qu’est-ce que le moi ? » Pascal recherche-t-il donc son moi » ou essaye-t-il de trouver celui de chacun d’entre nous ? Il continue avec une autre question s’il marche dans la rue et qu’un homme se met Ă  la fenĂȘtre, est-ce la raison pour laquelle l’homme est sorti ? Il rĂ©pond Ă  cette question nĂ©gativement, car l’homme ne pensait pas Ă  lui. En effet, si l’homme ne le connait pas ou ne sait pas qu’il est au bas de la fenĂȘtre, il ne pensera pas Ă  lui, et il ne sera pas la "raison" de sa sortie. En revanche, il est possible, dans un autre contexte, celui dans lequel l’homme de la fenĂȘtre connaitrait Pascal et savait qu’il Ă©tait lĂ , que l’homme serait peut-ĂȘtre sorti pour le voir. En revanche, il utilise un autre exemple, celui de l’amour, qui occupera le reste du texte et qui s’oppose Ă  celui de l’homme Ă  la fenĂȘtre, car, quand on aime quelqu’un, on y pense souvent et la personne aimĂ©e devient la raison de plusieurs de nos actions. Pascal pose alors la question rhĂ©torique l’homme qui aime quelqu’un pour sa beautĂ© l’aime-t-il ? Question Ă  laquelle il rĂ©pond encore une fois non ». Selon lui, la beautĂ© physique ne dure pas, donc l’amour est lui aussi Ă©phĂ©mĂšre. En effet, en vieillissant, l’apparence physique se dĂ©gradant, ce qui rendait une personne attrayante n’est plus, donc l’amour pour le seul "physique" n’existera plus. Par exemple, dans le Dom Juan de MoliĂšre, le personnage Ă©ponyme sĂ©duit de nombreuses femmes par son physique idĂ©al, plus que par ses qualitĂ©s intellectuelles. Seront-elles prĂ©sentes, quand il sera vieux et repoussant ? L’aiment-elles donc vraiment pour son moi » ? Dans la deuxiĂšme partie du texte Pascal Ă©voque les facultĂ©s abstraites de l’homme, comme son »jugement » et sa mĂ©moire » Il se demande si elles reprĂ©sentent son moi », mais, selon lui, l’homme peut changer de jugement et perdre sa mĂ©moire, au fil du temps. Or, l'auteur pense que le moi » est une substance qui reste intacte au cours des annĂ©es. Pour rĂ©sumer il affirme que l’on aime une personne pour ses qualitĂ©s du corps et de l’ñme qui sont pĂ©rissables » Pascal laisse donc entendre que la vieillesse altĂšre l’amour, car on perd notre corps et notre Ăąme. On peut cependant penser qu’une vieille personne peut avoir gardĂ© son Ăąme d’enfant, et ĂȘtre aimĂ©e pour cela, bien que cela ne reprĂ©sente pas son moi ». Pascal conclut radicalement en affirmant qu’ on n’aime jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s » en utilisant des expressions trĂšs fortes jamais, personne, seulement ». On peut cependant contester une telle affirmation aimer quelqu’un n’est-ce pas aussi aimer ses qualitĂ©s ? Pascal termine en Ă©voquant les rĂŽles sociaux que nous jouons. Il dit qu’il existe des personnes qui se font honorer pour des charges et offices » En effet, lorsque l’on tient un rĂŽle important dans la sociĂ©tĂ©, on se montre Ă  des Ă©vĂ©nements, en se mettant plus facilement en avant que d’autres. Pascal dit que ces personnes sont moquĂ©es car elles doivent ĂȘtre jalousĂ©es. Il dit aussi qu’il faut arrĂȘter de se moquer d’elles, car c’est de l’hypocrisie. Effectivement, ces personnes essayent de se faire aimer non pas pour elles-mĂȘmes, mais pour leur place sociale. Il affirme aussi que l’on n’aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es » c’est-Ă -dire que l’on n’aime personne pour sa vraie valeur, son moi ». Il est vrai que la sociĂ©tĂ© peut ĂȘtre comparĂ©e Ă  une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e dans laquelle chacun possĂšde une autre identitĂ©, qu’il trouve souvent meilleure et plus attrayante que la sienne. En revanche, dans la vie nous ne savons pas qu’il existe cette soirĂ©e dĂ©guisĂ©e », et que chacun se cache derriĂšre un masque, et nous aimons donc naĂŻvement ce masque. Comment faire alors pour aller au-delĂ  du masque, oĂč se trouve, peut-ĂȘtre, le moi » ? Mais ne peut-on pas aussi se demander ce moi » existe-t-il vraiment ? Ainsi, dans ce texte, Pascal est Ă  la recherche du moi », qu’il ne trouve ni dans l’apparence physique, ni dans les qualitĂ©s du corps et de l’ñme. Tout ce qu’il trouve c’est que le moi est la substance d’un ĂȘtre qui reste inchangĂ©e au cours du temps. Le moi » reste donc introuvable ». On peut donc se poser la question de l’existence effective de ce moi ».
LĂȘtre humain Ă©volue, change, se transforme : on peut parler de mĂ©tamorphoses du moi. La question de la subjectivitĂ© humaine a Ă©voluĂ© au cours du temps. La littĂ©rature est l'un des mĂ©dias les plus Ă  mĂȘme de questionner le « moi » et ses transformations. Au XX e siĂšcle, avec la dĂ©couverte de l'inconscient, un vĂ©ritable
1 Le moi est introuvable. Texte de Pascal. Qu'est-ce que le moi ? Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si je passe par lĂ , puis-je dire qu'il s'est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un Ă  cause de sa beautĂ©, l'aime-t-il ? Non ; car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m'aime-t-on, moi ? Non, car je peux perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'Ăąme ? Et comment aimer le corps ou l'Ăąme, sinon pour ces qualitĂ©s, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont pĂ©rissables ? Car aimerait-on la substance de l'Ăąme d'une personne, abstraitement, et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s. Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es » PensĂ©es 1670 B323 L 688 PrĂ©sentation du texte sa problĂ©matique et sa structure. On pourrait dire du moi ce que Saint Augustin disait du temps Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais, mais que je veuille l'expliquer Ă  la demande, je ne le sais pas ! » De fait, je dis sans cesse moi » je » comme si, ce que la notion recouvre, Ă  savoir l'idĂ©e d'une unitĂ© et d'une identitĂ© personnelles, allait de soi. Ce petit garçon que j'Ă©tais, ce vieillard que je suis, c'est toujours moi. Je me regarde comme une seule et mĂȘme personne tout au long de ma vie. Or, ne sommes-nous pas en prĂ©sence d'une fausse Ă©vidence ? Est-il possible de fonder l'identitĂ© que je me confĂšre ? Implique-t-elle la prĂ©sence d'un moi rĂ©el et durable ? Tel est le problĂšme que Pascal affronte avec cette question apparemment si simple Qu'est-ce que le moi ? ». La question implique que le philosophe ait pris acte de ce que le mot implique et se demande est-il possible de faire correspondre au mot un ĂȘtre ou bien cette dĂ©nomination procĂšde-t-elle d'un rapport imaginaire Ă  soi-mĂȘme ? Suis-je un et identique ou je » devient-il toujours autre ? Suis-je permanent ou changeant, un ou plusieurs, semblable Ă  moi-mĂȘme ou toujours diffĂ©rent ? OĂč est donc ce moi que nous prĂ©supposons sans cesse et dont ce texte montre qu'il est introuvable ? Qu'est-ce que la personne ? Faut-il soupçonner que lĂ  oĂč on vise une personne il n'y a personne, personne d'autre que les visages multiples et divers que chacun revĂȘt pour chacun ? Il faudrait alors conclure Ă  l'intelligence du langage qui, dans le mĂȘme mot personne » glisse de quelqu'un une personne Ă  l'absence de quelqu'un personne et Ă  la clairvoyance du mythe grec qui, avec Ulysse et le cyclope PolyphĂšme nous invitait Ă  mĂ©diter le mystĂšre de la personne. Pascal procĂšde par juxtaposition de perspectives, dans un jeu de questions et de rĂ©ponses oĂč l'on a l'impression qu'il nous donne Ă  voir ce qu'est le moi en nous montrant ce qu'il n'est pas. Il n'y a pas de prĂ©supposĂ© dogmatique mais un examen implacable des rĂ©ponses oĂč l'on serait tentĂ© de s'enliser, implacable parce qu'une formule suffit pour en rĂ©vĂ©ler le caractĂšre aporĂ©tique. L'analyse suit une progression qui va du plus extĂ©rieur ce que le passant est pour l'homme qui se met Ă  la fenĂȘtre Ă  ce qui est le plus intĂ©rieur l'Ăąme qui se rend peut-ĂȘtre visible dans l'expressivitĂ© des attitudes mais Ă  laquelle on ne peut remonter que par ascĂšse.Cependant il convient de noter qu'il n'est pas question de profondeur et de surface comme s'il y avait un moi profond Ă  trouver illusion des discours intimistes puisque chaque fois qu'on croit le trouver quelque part le moi nous Ă©chappe. Il faut donc souligner la facture baroque de ce texte si l'on entend par lĂ  un texte sensible Ă  la complexitĂ© mouvante et fuyante du rĂ©el. Il n'y a pas de simplification du thĂšme de l'analyse mais une complexification croissante, une tendance Ă  multiplier les perspectives parce qu'aucune Ă  elle seule n'est capable de rĂ©pondre Ă  la question initiale. Le dernier mot du texte consiste Ă  rĂ©vĂ©ler la fragilitĂ©, l'inconsistance du moi et corrĂ©lativement ses illusions. IdĂ©es gĂ©nĂ©rales du texte. - Le premier argument invite Ă  distinguer l'identitĂ© humaine de l'identitĂ© personnelle. Que voit en effet l'homme Ă  la fenĂȘtre ? Un passant, un ĂȘtre qui n'est ni un objet inerte, ni un animal mais un homme. En voyant un ĂȘtre de forme humaine un corps d'une certaine forme, une certaine maniĂšre d'ĂȘtre j'identifie un ĂȘtre qui me ressemble et partage avec moi une mĂȘme humanitĂ©. Mais saisir une identitĂ© humaine n'est pas saisir une identitĂ© personnelle. C'est lĂ  une dĂ©termination gĂ©nĂ©rale valable pour tous les membres de l'espĂšce or ce qui fait que je suis moi », c'est prĂ©cisĂ©ment ce qui me distingue de tout autre, ce qui me singularise. Je suis bien un homme mais cet homme que je suis est un ĂȘtre unique, non interchangeable. Mon unicitĂ© est irrĂ©ductible non seulement en quantitĂ© je suis seul Ă  ĂȘtre ce que je suis mais aussi en qualitĂ© Je ne suis semblable qu'Ă  moi-mĂȘme, il n'y a pas au monde un ĂȘtre qui me ressemble au point d'ĂȘtre indiscernable de moi. Chaque moi est diffĂ©rent d'un autre. Cette unicitĂ©, l'homme Ă  la fenĂȘtre ne peut pas l'apprĂ©hender tant qu'il se contente de regarder des passants ĂȘtres anonymes, indiffĂ©renciĂ©s. L'argument pascalien joue ici sur l'opposition gĂ©nĂ©ralitĂ© /particularitĂ© ou individualitĂ©. Le deuxiĂšme et le troisiĂšme argument sont introduits par le thĂšme de l'amour et jouent sur l'opposition changeant/permanent ; accidentel/ substantiel. Si l'identitĂ© c'est le propre de ce qui est un en quantitĂ© et en qualitĂ©, c'est aussi ce qui fait qu'un ĂȘtre reste le mĂȘme malgrĂ© tous les changements qui peuvent l'affecter dans le temps. L'identitĂ© renvoie Ă  l'idĂ©e de rĂ©sistance au changement, de permanence dans le temps. J'ai changĂ© » ou il a changĂ© » dit-on souvent. La formule implique que quelque chose demeure le mĂȘme. Comme l'a montrĂ© Kant, l'idĂ©e de changement suppose celle de permanence car si l'ĂȘtre auquel on attribue ces changements ne subsistait pas, qu'est-ce qui changerait ? Or ces changements peuvent ĂȘtre si radicaux que bien qu'ils ne dĂ©stabilisent pas le sentiment de mon identitĂ©, ils peuvent altĂ©rer les sentiments que l'on me porte. Dans l'amour, par exemple un moi et un toi se rencontrent, se sĂ©duisent par des qualitĂ©s physiques ou morales. Pascal montre avec finesse que ce qui fait leur sĂ©duction a rapport au beau. Or cette beautĂ© qui t'enchante aujourd'hui est chose fragile. Une maladie ici la petite vĂ©role un accident pensons Ă  cette jeune personne qui a Ă©tĂ© brĂ»lĂ©e vive dans un bus incendiĂ© par des voyous ou simplement l'Ɠuvre du temps peuvent l'anĂ©antir. Cessant de possĂ©der ce qui fait que tu m'aimes, tu ne m'aimeras plus et pourtant ma beautĂ© disparue je n'en subsiste pas moins moi. Il en est de mĂȘme pour les qualitĂ©s intellectuelles et morales. Ma sĂ©duction peut tenir Ă  mon intelligence, Ă  ma gentillesse mais ces qualitĂ©s sont pĂ©rissables comme les qualitĂ©s physiques. Dans la maladie, les Ă©preuves de la vie, la personne la plus gentille du monde peut devenir un ĂȘtre acariĂątre, mĂ©chant. Comment l'aimer encore puisqu'on l'aimait pour cette gentillesse qui l'a dĂ©sertĂ©e sans qu'elle cesse pour autant de subsister elle ? D'oĂč l'interrogation qui suit oĂč est donc ce moi s'il n'est ni dans le corps ni dans l'Ăąme ? » Cette question introduit le quatriĂšme argument qui joue sur l'opposition abstrait/concret ; personnel/impersonnel ; substance/accident. De fait personne ne pourrait dire moi » s'il ne rapportait pas ses changements Ă  quelque chose qui demeure. Dans le langage traditionnel, on parle d'un support substantiel. L'idĂ©e de substance s'oppose Ă  celle d'accidents. La substance d'une chose c'est d'une part son essence, ce qui fait d'elle ce qu'elle est, d'autre part le sujet au sens de sub-jectum ce qui se tient sous, ce qui soutient auquel on rapporte telle ou telle modification ou comme on disait, tel accident. Si substance il y a, on comprend qu'il n'est possible de la saisir que par une opĂ©ration d'abstraction. Or ce que nous sommes les uns pour les autres c'est une rĂ©alitĂ© concrĂšte, des qualitĂ©s changeantes certes, mais hors d'elles nous n'avons aucune visibilitĂ© ni existence rĂ©elle. Ainsi, par ascĂšse, il est possible et nĂ©cessaire de remonter Ă  un substrat corporel et Ă  un substrat spirituel permettant d'identifier les multiples transformations physiques et morales d'un ĂȘtre au cours de son existence comme siennes. Reste que si substance » il y a, c'est lĂ  chose abstraite et bien impersonnelle alors qu'une personne est chose concrĂšte et personnelle. Aimerait-on la substance de l'Ăąme d'une personne, abstraitement et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? ». Non seulement il est impossible d'aimer une abstraction mais ce serait injuste. Pascal veut signifier que toutes changeantes qu'elles soient, les qualitĂ©s ne sont pas rien. Don de la nature ou rĂ©sultat d'un effort de soi sur soi, elles sont ce qui diffĂ©rencie les hommes et fait leur sĂ©duction. La beautĂ© est plus sĂ©duisante que la laideur, l'intelligence que la bĂȘtise, la gentillesse que la mĂ©chancetĂ©. On est sensible Ă  des qualitĂ©s concrĂštes non Ă  des abstractions. Montaigne a dit cela de maniĂšre magistrale. Parlant de son amitiĂ© pour Etienne de la BoĂ©tie, il Ă©crit Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en rĂ©pondant Parce que c'Ă©tait lui, parce que c'Ă©tait moi » Essais L1 L'enquĂȘte a donc Ă©chouĂ©. Le moi est inassignable. D'oĂč la conclusion de l'auteur on n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualitĂ©s ». La fin du texte opĂšre un brusque passage de la mĂ©taphysique Ă  la politique car la notion de qualitĂ© ne renvoie pas qu'aux qualitĂ©s physiques ou morales. Nous sommes des ĂȘtres sociaux et ce que les hommes sont les uns pour les autres tient aussi des rĂŽles sociaux. Dans la famille je suis papa », au bureau je suis un employĂ© exemplaire », avec mes amis je suis autre chose et la plupart du temps un ĂȘtre vu diffĂ©remment par les uns et par les autres parce que je ne suis pas tout Ă  fait le mĂȘme avec les uns et les autres. Qui suis-je donc ? Qui es-tu ? Un rĂŽle. L'Ă©tymologie de la notion de personne confĂšre toute sa pertinence Ă  cette analyse. Le mot vient de per-sonare rĂ©sonner au travers, au travers du masque en latin persona c'est le masque que les acteurs antiques portaient sur le visage pour figurer pendant la durĂ©e d'une reprĂ©sentation l'unitĂ© d'un caractĂšre. La personne est un masque, entendons un rĂŽle qui lui est assignĂ© dans une situation donnĂ©e. On sait que lorsque le rĂŽle social est fortement valorisĂ© collectivement, l'individu a tendance Ă  faire corps avec lui et Ă  ne pas se sentir exister hors de lui. D'oĂč la comĂ©die sociale dont il serait bien hypocrite de se moquer. Car si le moi est inassignable peu importe la maniĂšre dont il s'identifie ou est identifiĂ©. C'est au fond de maniĂšre toujours fictive. Il n'est pas moins absurde de vouloir ĂȘtre aimĂ© pour son masque social que de vouloir ĂȘtre aimĂ© pour soi-mĂȘme car ce soi-mĂȘme » on ne sait pas ce que c'est. Au terme de cette salutaire dĂ©mystification une nouvelle question se pose le moi est peut-ĂȘtre introuvable nĂ©anmoins j'ai le sentiment d'en ĂȘtre un. Alors d'oĂč vient le sentiment de l'unitĂ© et de l'identitĂ© de ma personne ? 2 Le fondement de l'identitĂ© personnelle. a Les conditions de possibilitĂ© de l'identitĂ© en gĂ©nĂ©ral et de l'identitĂ© personnelle en particulier. L'identitĂ© de quoi que ce soit n'est jamais offerte Ă  un regard passif. Les Anciens affrontaient la question avec la cĂ©lĂšbre Ă©nigme du bateau de ThĂ©sĂ©e. Lorsque toutes ses piĂšces ont Ă©tĂ© changĂ©es peut-on dire qu'on a affaire au mĂȘme bateau ? N'y a-t-il pas lĂ  un abus de langage ? N'est-on pas en prĂ©sence d'un autre bateau ? Que disons-nous lorsque nous nous obstinons Ă  parler du bateau de ThĂ©sĂ©e c'est-Ă -dire lorsque nous prĂ©supposons son identitĂ© ? Pour cette question voir la belle Ă©tude de Pierre Guenancia L'identitĂ© dans Notions philosophiques. Folio Essais. On peut admettre que l'identitĂ© du bateau de ThĂ©sĂ©e est celle de sa forme. Quelles que soient les transformations subies, celles-ci s'inscrivent dans une configuration qui demeure la mĂȘme. Ses Ă©lĂ©ments matĂ©riels ne sont plus les Ă©lĂ©ments d'origine comme c'est le cas avec les cellules de notre corps ou avec nos Ă©tats Ă©motionnels et affectifs mais on les intĂšgre dans un ensemble qui lui, demeure identique Ă  lui-mĂȘme. Ou bien on admet qu'un changement continu vaut pour identitĂ©. Si on avait dĂ©truit le bateau d'un seul coup pour en reconstruire un autre on ne parlerait pas du mĂȘme bateau. Mais les changements se sont opĂ©rĂ©s progressivement et le fait, pour l'esprit, de les avoir accompagnĂ©s suffit Ă  les rapporter Ă  un je ne sais quoi » qui fonde la permanence de l'objet dans le temps. On comprend ainsi les apories auxquelles confronte la question de l'identitĂ©. Car la loi du rĂ©el est le changement, la variation continue or l'esprit ne se sent pas chez lui dans la mobilitĂ© universelle. Sa tendance est d'unifier et d'identifier. L'opĂ©ration d'identification est, ainsi, une opĂ©ration intellectuelle, nĂ©cessaire pour se repĂ©rer dans le monde. Sans cette tendance de l'esprit, le rĂ©el ne serait que chaos, confusion sensible. Platon disait d'un tel monde qu'il donnerait le vertige. Mais l'esprit est ainsi fait qu'il unifie du multiple, identifie du divers et fixe l'ĂȘtre du mobile. Ainsi, pouvons-nous dire qu'une chose est ceci ou cela. La question mĂ©taphysique demeure cependant entiĂšre. Faut-il dire que l'ĂȘtre est, le non-ĂȘtre n'est pas ParmĂ©nide ou bien que rien n'est, tout devient HĂ©raclite ? Entre l'immobilitĂ© parmĂ©nidienne et la mobilitĂ© hĂ©raclitĂ©enne la contradiction semble indĂ©passable. Et pourtant qu'il s'agisse des objets ou du sujet, ils ne sont identifiables que sur fond du dĂ©passement de cette contradiction. L'identitĂ© exige de faire tenir ensemble ce qui logiquement s'oppose, le mĂȘme et l'autre disait Platon. Ce prodige n'est pas une donnĂ©e empirique, c'est un acte d'entendement. Il n'y a pas d'identitĂ© sans opĂ©ration intellectuelle d'identification. Ceci est vrai aussi bien de l'identitĂ© des objets que de celle du sujet. Et l'on peut rajouter c'est sans doute parce que le monde est apprĂ©hendĂ© par un sujet dont le propre est de s'unifier et de s'identifier comme le mĂȘme malgrĂ© l'hĂ©morragie du devenir qu'il y a, hors de lui, du mĂȘme. Sans la conscience qui synthĂ©tise dans l'unitĂ© et l'identitĂ© du bateau de ThĂ©sĂ©e la multiplicitĂ© et la diversitĂ© de ses changements, celui-ci n'aurait pas plus de permanence que le sujet qui le perçoit. b La critique empiriste de l'identitĂ©. On peut se demander si ce n'est pas l'oubli de cette vĂ©ritĂ© qui fonde la critique empirique de l'identitĂ© personnelle. MĂ©ditant le texte de Pascal sur le moi Hume, en effet, tire une leçon de scepticisme sur l'unitĂ© et la permanence du moi. C'est que pour l'empirisme le fondement de la connaissance est l'expĂ©rience. Les idĂ©es ne sont que des copies des impressions sensibles. Or l'unitĂ© ou la permanence de mon moi n'est pas l'objet d'une impression sensible, elle n'est pas perçue. Le moi ou la personne remarque Hume Ce n'est pas une impression particuliĂšre, mais ce Ă  quoi nos diverses idĂ©es ou impressions sont censĂ©es se rapporter » or la conscience de mon ĂȘtre est toujours partielle, mes Ă©tats, tels que je les Ă©prouve, sont fondamentalement hĂ©tĂ©rogĂšnes et discontinus. Par exemple ce que je suis pour moi, c'est ce que je suis Ă  un moment donnĂ© et lorsque je dors je ne suis plus rien du tout. Hume en conclut que la permanence du moi est un mythe. C'est l'imagination qui construit l'illusion de l'unitĂ© et de l'identitĂ© de ma personne en fantasmant une continuitĂ© lĂ  oĂč il n'y a que discontinuitĂ©, en fantasmant une permanence lĂ  oĂč il n'y a que changement continuel, en fantasmant une unitĂ© lĂ  oĂč il n'y a que multiplicitĂ©. Notre seule expĂ©rience de nous-mĂȘme Ă©crit-il est celle d'un faisceau ou une collection de perceptions diffĂ©rentes » et toujours variables, de sorte que ce que nous appelons moi » n'est qu'une croyance, une fiction n'ayant aucun fondement ontologique. On peut se demander si l'erreur de Hume n'est pas de chercher l'identitĂ© lĂ  oĂč l'on ne peut pas la trouver. Il veut, en effet, qu'elle soit une donnĂ©e empirique, qu'elle existe hors de l'esprit qui la constitue Ă  partir de la diversitĂ© sensible et lĂ  est sans doute l'erreur. Qu'il s'agisse de l'identitĂ© d'un objet ou de celle du sujet on a toujours affaire Ă  une construction intellectuelle. Ainsi, chacun de nous a conscience d'ĂȘtre le mĂȘme au cours de son existence et Hume, on peut le parier, n'Ă©chappe pas Ă  la rĂšgle. Pas davantage que Montaigne qui, lui aussi, a sĂ©rieusement Ă©branlĂ© le prĂ©supposĂ© d'identitĂ©. Les formules des Essais oĂč Montaigne pointe la mobilitĂ©, la multiplicitĂ© du moi sont lĂ©gions. Le monde, Ă©crit-il, n'est qu'une branloire pĂ©renne. Toutes choses y branlent sans cesse la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d'Egypte, et du branle public et du leur. La constance mĂȘme n'est autre chose qu'un branle plus languissant » Essais III. 2 Moi Ă  cette heure et moi tantĂŽt sommes bien deux » Essais III. 9 Je crois des hommes plus malaisĂ©ment la constance que toute autre chose, et rien plus aisĂ©ment que l'inconstance » Essais. II 1 Certes, c'est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant, que l'homme. Il est malaisĂ© d'y fonder un jugement constant et uniforme » Essais I. 1 Alors comment comprendre que le doute sur l'identitĂ©, aussi solidement Ă©tayĂ© par les leçons de l'expĂ©rience, par un Hume ou un Montaigne, puisse ne pas rĂ©sister aux mĂȘmes leçons de l'expĂ©rience ? Celle- ci montre, en effet, que ni Hume ni Montaigne ne renonce Ă  dire Je ou Moi. Tout le projet de Montaigne est au contraire de peindre son moi dans sa diversitĂ©....et dans son unitĂ©. Montaigne fait mĂȘme de l'identitĂ© personnelle ce qui confĂšre Ă  un individu et Ă  sa vie sa maĂźtresse forme » dit-il. Essais I. 50 c La conscience de soi comme seul fondement de l'identitĂ© personnelle. Il est intĂ©ressant de remarquer que nous devons une des premiĂšres analyses modernes de cette question Ă  un empiriste. C'est Ă  Locke que nous devons le tentative de fonder l'identitĂ© personnelle sans s'exposer Ă  l'impasse consistant Ă  chercher le moi extĂ©rieurement Ă  la conscience dans une supposĂ©e substance, qui Ă©videmment pour un empiriste, mais aussi pour un rationaliste pose plus de difficultĂ©s qu'elle n'en rĂ©sout. LOCKE 1632 1704 cf. Manuel. La prĂ©sentation de L'Essai sur l'entendement humain. Locke montre que c'est la conscience de soi et elle seule qui fonde le sentiment de l'identitĂ© personnelle. La personne a le sentiment d'ĂȘtre une et la mĂȘme tant qu'elle a conscience d'elle- mĂȘme. La conscience est prĂ©sence Ă  soi et cela suffit pour pouvoir dire Je » ou moi ». Nul besoin pour cela de recourir au principe d'une rĂ©alitĂ© substantielle qui assurerait la permanence de mon ĂȘtre sous les changements qui l'affectent. J'ai eu conscience hier d'avoir Ă©tĂ© ceci ou cela comme j'ai conscience aujourd'hui d'ĂȘtre en train de faire ce cours. La conscience passĂ©e se maintient dans le prĂ©sent sous la forme de la mĂ©moire. C'est donc en derniĂšre analyse Ă  la mĂ©moire que je dois la certitude d'ĂȘtre ce que je suis et pas un autre. Ainsi, on peut, paradoxalement, concevoir un ĂȘtre composĂ© de substances diffĂ©rentes Ă  diffĂ©rents moments du temps. Si cet homme a conscience de lui- mĂȘme il se pensera comme un et identique. La continuitĂ© d'un ĂȘtre humain malgrĂ© toutes les transformations qu'il peut subir est assurĂ©e par la conscience de soi. J'ai conscience d'ĂȘtre toujours moi Ă  diffĂ©rents moments du temps, dans les situations les plus diverses et quelle que soit la pluralitĂ© des vĂ©cus qui sont miens seulement parce que, par la conscience je suis toujours prĂ©sent Ă  eux. D'oĂč l'impossibilitĂ© de prĂ©tendre ne pas ĂȘtre soi-mĂȘme. La conscience est le fil conducteur assurant ma continuitĂ© dans la discontinuitĂ© des vĂ©cus, mon identitĂ© dans la diffĂ©rence des sensations, des situations et des rĂŽles sociaux. DESCARTES 1596 1650. Sur cette question Descartes ne dit pas quelque chose de fondamentalement diffĂ©rent. Il montre que je peux douter de tout sauf de ce moi qui doute et qui est certain de son ĂȘtre aussi longtemps que par l'acte de la conscience il est prĂ©sent Ă  lui-mĂȘme et a la certitude de sa propre existence. Je pense, j'existe » Le cogito est la certitude de soi comme ĂȘtre dont l'unitĂ© et l'identitĂ© sont donnĂ©es dans une Ă©vidence intuitive. Certes Descartes substantialise la conscience, ce qui est source de nombreuses difficultĂ©s mais ce qui permet de dire Je c'est bien comme chez Locke cette prĂ©sence Ă  soi qui est le propre d'un ĂȘtre douĂ© de conscience. KANT Cf. Cours AmbiguĂŻtĂ© de la condition humaine. Conclusion de ces analyses L'identitĂ© de mon ĂȘtre n'est pas donnĂ©e extĂ©rieurement Ă  la conscience. Elle est au contraire construite par la conscience. C'est dire qu'elle est tributaire de la capacitĂ© de se diviser et de se reprĂ©senter soi-mĂȘme. Par lĂ  l'identitĂ© d'une spontanĂ©itĂ© spirituelle ne sera jamais assimilable Ă  l'identitĂ© d'une chose ou d'un objet. Sans doute cette propriĂ©tĂ© Ă©lĂšve-t-elle l'homme Ă  la dignitĂ© d'une personne, mais c'est aussi ce qui fait pour lui le caractĂšre problĂ©matique de son identitĂ©. Parce qu'elle n'est ni fixĂ©e extĂ©rieurement Ă  lui, ni reçue passivement l'identitĂ© personnelle est, au fond pour tout homme une tĂąche. Pourquoi cette tĂąche ne va-t-elle pas de soi ? Telle sera la question affrontĂ©e dans le prochain cours.
\n\npascal qu est ce que le moi
PubliĂ©le 27 janvier 2016. 688. – Qu’est-ce que le moi ? Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si je passe par lĂ , puis-je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime-t-il ? Non ; car la petite vĂ©role
S’il est une attitude assez frĂ©quente qui surprend, c’est de voir quelqu’un ĂȘtre l’objet de la haine, non pas des autres, mais de soi. Pascal l’avait justifiĂ©e dans ses PensĂ©es. Il Ă©crivait Le moi est haĂŻssable 
 – Point, car en agissant, comme nous faisons, obligeammant pour tout le monde, on n’a plus sujet de nous haĂŻr. – Cela est vrai, si on ne haĂŻssait dans le moi que le dĂ©plaisir qui nous en revient. Mais si je le hais parce qu’il est injuste, qu’il se fait le centre de tout, je le haĂŻrai toujours » Dans ce court dialogue, il expose une objection de bon sens Ă  sa thĂšse, Ă  savoir que le moi n’est pas haĂŻssable puisque nous agissons avec respect vis-Ă -vis des autres. Il n’y aurait pas matiĂšre Ă  haine. À quoi Pascal rĂ©pond que ce n’est pas ce qui est en question, c’est-Ă -dire que le moi n’est pas haĂŻssable en tant que l’autre ne nous respecte pas. Il est haĂŻssable parce qu’il fait preuve d’injustice, ce qu’il explicite en disant que le moi se prend pour le centre de tout. Le respect n’est donc qu’apparent. DĂšs lors, je dois le haĂŻr mĂȘme s’il paraĂźt respectueux. Et c’est moi qui dois ĂȘtre pour moi-mĂȘme l’objet de ma haine. Or, s’il est vrai que le moi est haĂŻssable, comment serait-il possible de le haĂŻr, voire qu’il puisse mĂȘme en avoir l’idĂ©e puisque injuste, le moi ne peut que s’aimer ? DĂšs lors, on peut se demander quel sens on peut donner Ă  cette fameuse thĂšse de Pascal selon laquelle Le moi est haĂŻssable ». On se demandera d’abord s’il suffit que le moi se dĂ©double pour qu’il puisse se haĂŻr, puis si la haine du moi provient de la culpabilitĂ© qui appartient Ă  l’homme ou Ă  l’individu, et enfin si elle n’est pas plutĂŽt dans le modĂšle du moi que le moi veut ĂȘtre qui l’amĂšne Ă  vouloir faire disparaĂźtre le moi qu’il est. On s’appuiera sur le livre X des Confessions du pĂšre de l’Église, Augustin, de la piĂšce de théùtre Ă©crite pour ĂȘtre lu, Lorenzaccio d’Alfred de Musset et d’une autobiographie de Michel Leiris, L’ñge d’homme. La haine est cette passion qui nous conduit Ă  vouloir la destruction partielle ou totale de l’autre. Ainsi, dĂšs la scĂšne 2 de l’acte I de la piĂšce de Musset voit-on des commerçants manifester de la haine pour les soldats allemands de la garnison et pour le tyran, le duc Alexandre. De mĂȘme, Michel Leiris fait part de sa dĂ©testation du christianisme lorsqu’il parle de l’emprise imbĂ©cile de la morale chrĂ©tienne » Or, il est clair que la haine semble diffĂ©rente de l’amour en tant qu’on comprend comment il est possible de s’aimer soi-mĂȘme mais difficilement de se haĂŻr soi-mĂȘme puisque cela reviendrait Ă  vouloir se dĂ©truire. Et pourtant, il semble bien que la haine de soi soit possible. Comment ? Il apparaĂźt nĂ©cessaire que celui qui se hait lui-mĂȘme puisse se dĂ©doubler d’une façon ou d’une autre pour que la haine ne soit pas simple complaisance Ă  soi. AprĂšs sa conversion, Augustin est capable de haĂŻr celui qu’il est encore au nom de l’amour de celui qui lui donne son unitĂ© la plus haute, Ă  savoir Dieu. En effet au chapitre 2 il demande Ă  Dieu de faire en sorte qu’il renonce Ă  [lui]-mĂȘme ». C’est que l’amour de Dieu doit s’entendre d’abord comme un gĂ©nitif subjectif et implique de se haĂŻr soi-mĂȘme. Le mot de Pascal trouve bien chez Augustin sa source profonde. Quoique Musset manifeste peu de sympathie pour le christianisme comme le montre son personnage du cardinal Cibo qui prĂ©tend pouvoir dire des choses que Dieu lui-mĂȘme ne saura jamais » acte IV, scĂšne 4, son personnage de Lorenzo prĂ©sente bien cette duplicitĂ©. Sa mĂšre et Catherine avertissent le lecteur Ă  la scĂšne 6 de l’acte I il n’est plus ce qu’il a Ă©tĂ©. Le jeune homme amoureux de la vĂ©ritĂ© est devenu un criminel dĂ©bauchĂ©. Il est donc potentiellement susceptible de se haĂŻr. Leiris Ă©crit Ă  partir de cet homme qu’il est devenu et contre ce qu’il a Ă©tĂ©. Si son identitĂ© lui paraĂźt hors de doute Ă  travers quelques thĂšmes qui reviennent de façon obsessionnelle, sa manie de l’identification montre comment ĂȘtre soi est pour lui impossible et le pousse Ă  la possibilitĂ© de la haine de soi. Par exemple, il s’identifie Ă  une courtisane pour son plaisir solitaire en utilisant sa chemise de nuit Ă  cet effet Être un souffre-douleur est un trait de son caractĂšre qui se manifeste dans ses jeux enfantins. Preuve de cette haine de soi. Toutefois, il ne suffit pas de cette duplicitĂ© pour qu’il soit possible que le moi se haĂŻsse lui-mĂȘme. Car, il pourrait tout aussi bien s’aimer lui-mĂȘme. On doit donc concevoir qu’il y a dans le moi quelque chose de plus profond qui attire la haine de soi. N’est-ce pas que le moi est mauvais comme Pascal l’indique. Comment celui qui est mauvais pourrait se haĂŻr ? En effet, pour qu’il y ait haine, il faut que la personne haĂŻe soit pensĂ©e comme mauvaise par celui qui le hait. Si Maffio hait le duc, c’est parce qu’il a sĂ©duit sa jeune sƓur et la scĂšne 1 de l’acte I a montrĂ© qu’il Ă©tait prĂšs Ă  en appeler au duc qu’il croyait juste cf. scĂšne 6 de l’acte I. Augustin se montre violent avec les Platoniciens au chapitre 42 qui sont pour lui des hommes mauvais dans la mesure oĂč les intermĂ©diaires qu’ils prennent pour remonter Ă  Dieu sont des dĂ©mons et non par le seul vrai intercesseur, le Christ chapitre 43. Il manifeste Ă  ce moment une sorte de haine difficile pour un chrĂ©tien. Quant Ă  Leiris, il hait son frĂšre aĂźnĂ© qui reprĂ©sente pour lui le bourgeois, Ă  savoir ce qu’il dĂ©teste. Or, pour que cette haine soit possible par rapport Ă  soi, encore faut-il que moi, je puisse me penser comme mauvais, ce qui suppose aussi que je ne soit pas absolument mauvais sans quoi je m’aimerais injustement. C’est le thĂšme essentiel des Confessions. C’est le pĂ©chĂ© qui caractĂ©rise l’homme. Son orgueil exige qu’il soit brisĂ© par Dieu. Et c’est ainsi que la haine de soi trouve dans le caractĂšre encore mauvais du moi sa source. Et si elle est possible, c’est parce que le moi en quelque sorte promis par Dieu hait celui qui est encore sĂ©parĂ© de Dieu. Dieu est l’opĂ©rateur de la haine de soi par l’amour qu’il porte Ă  l’homme. C’est pour cela que la confession augustinienne est Ă  la fois louange Ă  Dieu et exposition de ce qu’il y a de mauvais en l’homme comme il l’explique notamment dans son Commentaire au psaume 144 la confession ne s’entend pas seulement de l’aveu des fautes, elle s’entend aussi de la louange ; et ne croyez pas que partout le mot de confession ne signifie que l’aveu du pĂ©chĂ©. » C’est Ă©galement ce qui fait que Lorenzaccio est fondamentalement dĂ©semparĂ© par l’attitude des humains et donc de lui-mĂȘme. Il rĂ©ussit Ă  les corrompre alors que son but initial Ă©tait de les sauver. Telle est l’essentielle pour notre propos de sa “confession” Ă  Philippe Strozzi Ă  la scĂšne 3 de l’acte III. DĂšs lors, il est amenĂ© Ă  haĂŻr l’homme en lui. Leiris confesse deux fois ; son auto punition qui manifeste une haine de sa propre faiblesse. La seconde fois il indique bien que c’est Ă  cause de sa lĂąchetĂ© qu’il s’est puni lors de son amour avec Kay. La lĂąchetĂ© Ă©tant une faute morale, c’est l’homme mauvais que Leiris semble ainsi punir. Cependant, si la faute Ă©tait irrĂ©mĂ©diable, l’homme ne pourrait se haĂŻr et par consĂ©quent, il ne serait pas possible que le moi soit haĂŻssable. En outre, il y a une sorte de plaisir que remarque Leiris ou une nĂ©cessitĂ© de l’orgueil, la troisiĂšme tentation et la plus grave selon Augustin chapitre 36 Ă  39, voire une complaisance dans la dĂ©bauche de Lorenzo qui semble indiquer que la haine de soi est plutĂŽt une sorte d’amour de soi que l’on nomme depuis la deuxiĂšme moitiĂ© du xix° siĂšcle sado masochisme. DĂšs lors, pour que la haine de soi soit possible, ne faut-il pas que le moi soit ce qu’il y a haĂŻr Ă  partir d’une situation autre ? En effet, quel sens a que le moi est haĂŻssable par le moi ? Il faut que le moi veuille ĂȘtre autre que ce qu’il est. Et pour qu’il le veuille, il faut qu’il connaisse cet Ă©tat autre. Et pour le moi, se connaĂźtre, c’est finalement ĂȘtre. DĂ©jĂ  l’oracle de Delphes accueillait les hommes avec le connais-toi » car l’homme est justement celui qui n’est jamais assez sage pour s’y conformer comme Alain l’explique dans ses Esquisses de l’homme. Si Lorenzo est haĂŻssable pour ses proches, c’est parce qu’il ne rĂ©pond pas Ă  la promesse qu’il a Ă©tĂ©. Et c’est pour cela qu’il peut lui-mĂȘme avoir ce comportement suicidaire qui amĂšnera Ă  sa mise Ă  mort comme le montre l’acte V. Augustin interprĂšte comme poids de la chair chapitre 40, comme tentations de la voluptĂ©, de la curiositĂ© et de l’orgueil chapitre 30 ce moi qu’il ne veut plus ĂȘtre. Quant Ă  Leiris, il se sent rongĂ© il lui semble qu’il s’effrite Mais d’oĂč vient alors le moi qui permet au moi de se haĂŻr ? Dans L’Âge d’homme, c’est le thĂšme de la sĂ©paration du sujet et de l’objet Ă  40, La haine de soi repose sur la volontĂ© du retour Ă  l’origine de la non sĂ©paration, du chaos de l’enfance En Ă©tant sĂ©parĂ© du monde, le moi est aussi sĂ©parĂ© de lui-mĂȘme. La manie de la confession produit un dĂ©doublement qui est le manque de l’existence qui provoque la haine. Et la confession tente de recoller les morceaux. Mais c’est Ă©galement le thĂšme des Confessions car qu’est ce que ce bonheur qui manque sinon ce qui a toujours dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©dĂ© et dont nous sentons le manque. L’avons-nous toujours connu – thĂšse platonicienne – ou est-ce le pĂ©chĂ© originel – thĂšse chrĂ©tienne – Augustin avertit son lecteur dans le chapitre 20 qu’il ne s’en enquiert pas dans les Confessions. Toujours est-il que c’est Ă  partir justement de cette mĂ©moire d’un moment de manque qu’il est possible de haĂŻr le moi actuel. Lorenzaccio se demande dans un moment de doute, Ă  la scĂšne 3 de l’acte IV, s’il n’a pas Ă©tĂ© enfantĂ© par un tigre, l’animal fĂ©roce par excellence, lui qui veut tuer le duc Alexandre alors que ce dernier ne lui a finalement fait que du bien. Il s’apparaĂźt Ă  lui-mĂȘme monstrueux ou comme provenant d’un monstre. Et c’est cette origine possible qui, un moment, le console paradoxalement au moment oĂč il est proche d’accomplir son projet. Doute qui ne dure pas. Car, c’est le souvenir de ses rĂȘves de bontĂ© et d’action en faveur du bien qui est le fil de l’unitĂ© de son existence. Fil qui se brise une fois le meurtre accompli. En un mot, le problĂšme Ă©tait de savoir quel sens on peut donner Ă  la thĂšse des PensĂ©es de Pascal selon laquelle Le moi est haĂŻssable ». On a vu qu’il ne suffisait pas que le moi se dĂ©double pour qu’il puisse se haĂŻr quoique ce soit une condition nĂ©cessaire. Le moi doit aussi ĂȘtre de telle nature qu’il puisse vouloir s’abaisser lui-mĂȘme, se faire mal, voire se dĂ©truire. DĂšs lors, il faut que l’homme soit mauvais. Il faut que l’individu veuille le mal sans trop comprendre pourquoi. Mais cela ne suffit pas s’il est vrai que celui qui est mauvais ne le reconnaĂźt pas. Il faut donc non seulement qu’il soit mauvais mais qu’il veuille ĂȘtre autre qu’il n’est mais que ce soit plutĂŽt son vĂ©ritable moi qu’il recherche. Le moi est haĂŻssable n’a donc d’autre sens que le moi se pense comme n’étant pas ou n’étant plus ce qu’il doit ĂȘtre mais qu’il le soit suffisamment pour pouvoir justement le penser et vouloir l’ĂȘtre. On pourrait alors se demander si le moi qui manque Ă  lui-mĂȘme n’est pas toujours un moi dĂ©fectueux ?
Pascal PensĂ©es - Qu’est-ce que le moi ? #Philosophie Jonquille ou Narcisse ? – Photo @Dsirmtcom Mars 2017 Notes philosophiques n° 7 Exercice rĂ©alisĂ© Ă  partir d’un sujet proposĂ© dans l’ouvrage

25 octobre 2017 Auteur Tatiana Klejniak, artiste, licenciĂ©e en philosophie RĂ©sumĂ© Partir d’une question je vous donne un indice, le titre de l’article, voire mĂȘme de plusieurs, tant qu’à faire, et dĂ©couvrir que parfois, une question peut ouvrir de nouveaux champs, d’autres possibilitĂ©s, peut conduire ailleurs, sur un autre chemin. Et parfois, dans cet ailleurs, on s’y reconnaĂźt, soi, l’autre, que je suis pour moi, pour toi. Nous suivrons le rĂ©cit de M, une partie de son cheminement, et comment elle s’est dĂ©couverte autre, Ă  diverses reprises, par divers biais. Temps de lecture 15 minutes TĂ©lĂ©charger l'analyse en PDF Qu’est-ce que je fous lĂ  ? ». Je ne sais pas vous, mais moi, je me la pose de temps en temps, cette question. Ici, ou lĂ , seule, ou pas. Avec en arriĂšre-fond, voire en arriĂšre-goĂ»t, un sentiment d’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ©. L’impression de ne pas, plus, ĂȘtre chez soi. Sentiment propre Ă  tout homme, qui souvent reste voilĂ©, Ă©vincĂ©, mais qui se dĂ©voile, parfois, quand la familiaritĂ© quotidienne se brise. Un instant, oĂč ce qui semblait familier ne l’est plus, ou inversement. Les deux, familier et non familier, s’avĂ©rant, non point antinomiques, mais fonciĂšrement liĂ©s. LiĂ©e, aussi, Ă  l’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ©, l’angoisse. Couple insĂ©parable. Il pointera le bout de son nez, ce couple, cĂ©lĂšbre, Ă  divers moments, dans la vie de M. Nous allons le dĂ©couvrir au travers de son rĂ©cit. Mais encore un mot, avant. Qu’est-ce que je fous lĂ  ? », encore, j’y tiens, j’insiste. Telle est, pour Jean Oury, la question fondamentale, Ă  toujours se poser »[1]. Si elle peut apparaĂźtre, se glisser, subrepticement, dans diverses circonstances, un souper en famille, avec des amis, seul, en couple, dans la foule, 
, cette question, profondĂ©ment existentielle, touche au plus profond de notre ĂȘtre. Elle n’attend pas de rĂ©ponse, mais nous interroge. Impossible de l’ignorer. Nous la verrons, cette question, au cours des diffĂ©rents rĂ©cits, se poser, violente, Ă©tincelante, ou en filigrane. Marque humaine, trop, peut-ĂȘtre, ou pas. Un point de dĂ©part, parfois, aussi, vers d’autres chemins, de traverse. Oui, ça arrive, et nous allons nous en apercevoir grĂące Ă  l’histoire de M, enfin une partie de sa vie, qu’elle m’a confiĂ©e. Je l’en remercie, d’ailleurs, ici et maintenant. Et je lui laisse la parole, il est temps. Qu’est-ce qui m’assure que je peux compter sur toi, sur l’Autre ? C’est peu de dire que pour elle, cette question s’est rĂ©vĂ©lĂ©e, de façon brutale, sur son lieu de travail. Le boulot Ă©tait horrible, comme aller en prison, un vrai systĂšme carcĂ©ral ». Elle y voit un Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur qui la conduira chez le neuropsychiatre. Il lui donnera des antidĂ©presseurs et parlera d’anxiĂ©tĂ©. M retourne au travail, dans d’autres services, a, comme elle le dit des comportements de fuite, mais ça n’allait pas mieux. J’ai toujours essayĂ© d’esquiver l’histoire. J’étais trĂšs mal dans ma peau, sans personne ». Elle rencontre un homme, se marie, a un enfant, mais, vers trente-sept ans, ce sera beaucoup plus sĂ©rieux, je pleurais sans cesse, partout, je n’arrivais pas Ă  arrĂȘter de pleurer. Une tristesse incroyable. Comme une fatalitĂ©. J’ai laissĂ© mon enfant Ă  son pĂšre. Je n’étais pas la bonne mĂšre, pas responsable ». M rencontre une autre neuropsychiatre, un dragon. J’étais amorphe, je n’avais plus aucune volontĂ©. Elle a proposĂ© de m’hospitaliser. J’étais mĂ©fiante, mais ai acceptĂ©. ». AntidĂ©presseurs Ă  dose massive, par intraveineuse, Ă©lectrochocs, six, coup sur coup. M a oubliĂ© beaucoup de cette pĂ©riode, elle a des trous noirs, mais se souvient de l’impression d’ĂȘtre une autre. Je parlais Ă  des gens que je ne connaissais pas. J’étais dĂ©sinhibĂ©e, comme quelqu’un d’autre qui vivait Ă  ma place ». AprĂšs quatre ou cinq mois Ă  l’hĂŽpital, on lui donne du Rohypnol, et lĂ  elle dĂ©cide de le cracher dans l’évier, signe pour elle qu’elle reprend conscience. Elle pourra, peu de temps aprĂšs, dire Ă  la neuropsychiatre qu’elle veut sortir. Celle-ci attendait que M puisse l’articuler. Dire, s’exprimer, par les mots, M ne savait pas le faire. Dans ma famille, on ne parlait pas, chacun vivait dans sa bulle. Mes parents Ă©taient lĂ , sans y ĂȘtre. Je ressentais un grand sentiment d’insĂ©curitĂ©, la peur d’ĂȘtre abandonnĂ©e. J’ai reproduit ça dans mes couples. Quand on me quittait, la terre s’arrĂȘtait de tourner. Je ne savais pas me situer. Les autres Ă©taient mon miroir. J’étais comme ça ». Un grand sentiment d’insĂ©curitĂ©. Soi et l’Autre. Il y va, ici, pour Lacan, de ce quelque chose de primitif qui s’établit dans la relation de confiance. Dans quelle mesure et jusqu’à quel point puis-je compter sur l’Autre ? Qu’est-ce qu’il y a de fiable dans les comportements de l’Autre ? Quelle suite puis-je attendre de ce qui dĂ©jĂ  a Ă©tĂ© par lui promis ? »[2]. Interrogation primitive, commune, Ă  toutes et tous, Ă  la base de l’histoire de chacune. De fait, lĂ  aussi, je ne sais pas vous, mais moi je me la pose souvent cette question. Elle m’accompagne. Qu’est-ce qui m’assure que je peux compter sur toi, sur l’Autre, qui pourtant m’a donnĂ© sa parole. L’a-t-il donnĂ©e d’ailleurs ? Vraiment ? Mais ça se reprend une parole, ça tient Ă  quoi ? Es-tu lĂ , rĂ©ellement, pour moi ? Existe-t-il un lien, entre nous ? Et si je n’étais rien pour toi, rien du tout, ou si peu. Et l’on pressent, Ă  quel point, ces questions remontent, de loin. C’en est Ă©tourdissant. Et pointe, notre cĂ©lĂšbre couple, inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© et angoisse, jamais trĂšs loin quand il s’agit de questions existentielles. Un combat ordinaire Bref. Pour M, ce lien n’existait pas, elle ne l’a pas connu. Elle a dĂ» trouver comment le tisser. Je ne sentais pas ce lien avec mes parents. Pourtant, ils m’aimaient, mais il y a des manques. Les paroles, les Ă©changes Ă©taient interdits. Je n’avais pas droit Ă  l’échec. Je voulais un lien indĂ©fectible, qu’il y ait au monde quelqu’un pour qui je compte vraiment. J’y croyais quand mĂȘme ». M a eu un fils. C’est pour lui, notamment, qu’elle rĂ©primera ses idĂ©es de suicide. Je ne pouvais pas infliger ça Ă  mon fils que j’ai voulu profondĂ©ment, avec qui le lien ne se dĂ©fera jamais. IdĂ©alement, c’est le lien le plus fort qui soit. C’est toi qui fais le lien, la relation avec l’autre c’est toi chaque jour, je l’ignorais complĂštement ». CrĂ©er du lien, un nouveau mode de vie. Pouvoir s’appuyer, sur quelque chose, quelqu’un. Une autre façon d’ĂȘtre au monde, de faire avec, soi, les autres. M le dĂ©couvrira, notamment, en s’inscrivant Ă  l’acadĂ©mie. Ce sera le seul milieu oĂč je me suis sentie bien. J’étais au niveau des autres, alors qu’avant je me sentais en dessous, j’étais comme chez moi. Ce fut ma thĂ©rapie. J’avais trouvĂ© ma façon de m’exprimer. Je n’ai jamais eu la parole facile ». M peut dĂšs lors se dire, ĂȘtre en rapport avec les autres, grĂące Ă  l’art, et ĂȘtre reconnue, aussi, par les professeurs, et leurs apprĂ©ciations. Sa dĂ©marche crĂ©ative lui permettra Ă  la fois de s’émanciper, d’affirmer sa singularitĂ©, et du mĂȘme mouvement de faire lien, de se rendre visible, d’ĂȘtre reconnue, par l’Autre. Enfant dĂ©jĂ , M gribouillait sans cesse, et se racontait des histoires, avec tout et n’importe quoi, inventait une vie sociale. La peinture deviendra son mode d’expression, comme possibilitĂ© de lien, une façon de se positionner avec les autres, ce que je ne sais pas faire avec la parole ». Pour M, crĂ©er, lui permettra Ă  la fois de se positionner comme sujet, de s’exprimer, et de s’adresser Ă  l’Autre. Une rencontre devient possible, et dĂšs lors des Ă©vĂ©nements peuvent survenir. Ainsi a-t-elle trouvĂ© une possibilitĂ© de vivre et de dire Ă  l’autre, malgrĂ© mon effacement. Pouvoir m’adresser Ă  l’autre. Car les autres m’intĂ©ressent, mais je n’arrivais pas Ă  comprendre les autres car je ne savais pas qui j’étais. Exprimer sa crĂ©ativitĂ©, c’est liĂ© Ă  la vie. C’est parce qu’on est crĂ©atif qu’on a survĂ©cu. On fait avec des petites choses ». Des petites choses, particuliĂšres, Ă  chacune. Des bricolages, singuliers, inventions personnelles, et uniques, toujours, qui ouvrent Ă  l’évĂ©nement, Ă  de nouveaux chemins, d’autres modes d’existence. LibĂ©rer la vie lĂ  oĂč elle est prisonniĂšre, comme disait l’autre Deleuze[3], ou essayer. C’est un combat, incertain, un combat ordinaire titre d’une trĂšs belle bd de Manu Larcenet, que je vous conseille, en passant. Vous y retrouverez le sentiment d’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ©, le sien, de sentiment, et ses angoisses, aussi, et beaucoup d’autres choses, trĂšs belles, et vivantes. Son bricolage Ă  lui, ce sera la bd, enfin notamment, car je ne le connais pas personnellement Manu. Bon, je ferme ma parenthĂšse. Allez, quelques questions, pour la route, les derniĂšres, promis. J’ai utilisĂ© des mots, quelques lignes plus haut, qui en fait sont bien plus lourds de sens que ce que je n’imaginais. Les voici, en vrac se rendre visible Ă  qui ?, s’exprimer, dire et le plus compliquĂ©, Ă  mes yeux, ĂȘtre reconnue[4]. Car, vous allez me dire, car vous me suivez, hein ? Par qui, mais oui, par qui pardi peut-on le peut-on ? le doit-on ? se dire reconnu? Par moi, toute seule, je me reconnais ? C’est peu, non ? Par toi, tel ou telle autre. Dans le cas de M, notamment, les professeurs, Ă  l’acadĂ©mie. Mais dĂšs lors, et je sens que cette affaire est dĂ©finitivement plus complexe que prĂ©vue, donc je reprends, et je vais ĂȘtre trop longue, je le sais. Si tu me reconnais, il me faut te reconnaĂźtre, en retour. Que vaudrait la reconnaissance de quelqu’un que je ne reconnais pas ? Et si je la perds, cette reconnaissance que me donne cet autre, que reste-t-il ? Et s’il s’agissait, aussi, d’une reconnaissance non pas liĂ©e Ă  tel ou telle autre, mais une reconnaissance symbolique, de l’Autre, avec majuscule concept fort complexe que j’emprunte Ă  Lacan sans le maĂźtriser totalement, du tout
 Bon, j’ai un peu mal Ă  la tĂȘte. On en reparle, d’accord ? DĂ©couvrir nos rĂ©cits, analyses conceptuelles et analyses d'oeuvres ?DĂ©couvrir les propositions politiques du Mouvement pour une psychiatrie dans le milieu de vie ? RĂ©fĂ©rences

Enfait, il n'existe pas de dĂ©finition stricte des rĂ©gimes Ă  base de plantes. À son niveau le plus Ă©lĂ©mentaire, un rĂ©gime Ă  base de plantes correspond exactement Ă  ce qu'il dĂ©signe : un rĂ©gime composĂ© principalement d'aliments d'origine vĂ©gĂ©tale (fruits, lĂ©gumes, noix, graines, cĂ©rĂ©ales et lĂ©gumineuses) et de petites Qu’est-ce que le moi ?Un homme qui se met Ă  la fenĂȘtre pour voir les passants ; si je passe par lĂ , puis-je dire qu’il s’est mis lĂ  pour me voir ? Non ; car il ne pense pas Ă  moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu’un Ă  cause de sa beautĂ©, l’aime-t-il ? Non car la petite vĂ©role, qui tuera la beautĂ© sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera si on m’aime pour mon jugement, pour ma mĂ©moire, m’aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualitĂ©s sans me perdre moi-mĂȘme. OĂč est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’ñme ? et comment aimer le corps ou l’ñme, sinon pour ces qualitĂ©s, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont pĂ©rissables ? car aimerait-on la substance de l’ñme d’une personne, abstraitement, et quelques qualitĂ©s qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualitĂ©s empruntĂ©es. » neqY3L.
  • qou093z3yg.pages.dev/345
  • qou093z3yg.pages.dev/264
  • qou093z3yg.pages.dev/200
  • qou093z3yg.pages.dev/129
  • qou093z3yg.pages.dev/69
  • qou093z3yg.pages.dev/336
  • qou093z3yg.pages.dev/21
  • qou093z3yg.pages.dev/310
  • pascal qu est ce que le moi